Aide sociale pour une femme seule : tout sur l’ASF, le RSA parent isolé, la Paje, l’Agepi, l’allocation de veuvage…


Vivre seule, quand est une femme avec des enfants, où quand on est parent isolé au RSA, c’est très dur au quotidien. Les faibles revenus entraînent des problèmes financiers, voire le surendettement, et c’est une chaîne sans fins. Mais le droit des mères célibataires a évolué, et il est possible d’avoir des aides financières quand on est seule et en difficultés. Tout doit être mis en œuvre pour ne pas rester isolée face aux problèmes d’argent.

 

Les aides financières pour une femme isolée


Pour une femme seule avec un bébé, la vie peut vite tourner au cauchemar, que l’on soit sans emploi ou avec un travail mal rémunéré, quand il faut faire des pieds et des mains pour trouver une structure de garde pour son enfant. Heureusement, il existe des aides de l’état aux parents isolés et familles mono parentales, qui permettent d’élever ses enfants dignement, même avec aucune autre rentrée d’argent que le RSA et l’aide de la CAF.

 

Le RSA remplace l’allocation de parent isolé

Parmi les aides aux femmes seules, le RSA figure en bonne place. Celui-ci est venu se substituer à l’API, qui était une sorte d’indemnité pour une mère isolée. Une famille monoparentale peut donc faire une demande de RSA.

Qui sont considérés comme étant des parents solo ?

Les parents seuls, ce sont les célibataires, qui doivent élever un ou plusieurs enfants sans l’aide d’un conjoint. Il ne faut donc pas être en couple sous le même toit pour en bénéficier, ni même partager ses ressources financières.

Comment est calculé le montant du RSA

Une mère seule avec 3 enfants ne touchera pas la même somme d’agent qu’une famille mono parentale. En effet, le nombre d’enfants, mais aussi leur âge entrent dans le calcul du revenu de solidarité. Comme le RSA ne remplace pas les prestations sociales, il faut bien penser à les demander, en s’adressant à la CAF la plus proche.

Comment faire pour toucher le RSA ?

L’aide financière pour les mères célibataires avec plusieurs enfants se demande auprès de la CAF ou du Conseil Général. Il est aussi possible de s’adresser à une association qui aide les femmes seules en difficultés, à condition que celle-ci soit mandatée par le conseil général.


L’allocation de soutien familial (ASF)

Etre célibataire avec un enfant à charge, ce n’est pas simple au quotidien, surtout quand il faut faire face aux dépenses de plus en plus nombreuses. L’allocation de soutien est versée en cas d’isolement familial, et ce dès le premier enfant. Il faut s’en occuper tout au long de l’année. L’ASF n’est pas valable en cas de garde alternée.

Conseil de lecture : toutes les aides de la CAF

ASF et Pension alimentaire

En principe, le versement d’une pension alimentaire ne permet pas de bénéficier de l’allocation de soutien familial. En effet, il faut pour cela que l’un des deux parents ne verse pas de tout d’argent pour l’éducation de l’enfant. Toutefois, si la pension alimentaire venait à ne plus être versée, l’ASF peut prendre le relais. Il faut savoir que la CAF pourra engager des poursuites contre le parent qui a suspendu les versements, alors qu’il n’en n’avait pas le droit. En effet, l’allocation devra être perçue comme une avance sur les sommes dues, sommes que tentera de récupérer la CAF par des moyens juridiques. Bien sûr, il se peut que la pension alimentaire cesse d’être versée pour de bonnes raisons : emprisonnement, plus d’autorité parentale… Dans ce cas, la procédure de recouvrement sera suspendue.

S’il n’y a pas eut de décision de justice concernant la pension alimentaire, c’est au conjoint célibataire de faire les démarches auprès d’un juge. La CAF lui donne 4 mois pour cela, en versant l’allocation. AU bout de ce laps de temps, le versement de l’aide sera suspendu.

Quel est le montant de l’allocation de soutien familial ?

Si on des deux parents n’aide pas son enfant, le montant versé de l’ASF sera de 90,40 euros mensuel par enfant. Si les deux parents ne remplissent pas leurs obligations, la somme sera de 120,54 euros chaque mois.

Comment faire pour demander l’ASF ?

L’allocation de soutien parental peut s’obtenir auprès de la Caisse d’Allocation Familiale. Il faut penser aux justificatifs de sa situation. Pour une mère célibataire, l’aide ne sera versée que si cette dernière peut justifier d’un abandon de conjoint. La preuve peut se faire par tous les moyens (témoignages de proches y compris). La femme célibataire peut aussi s’adresser à la mutuelle sociale agricole si elle en relève.

Il faut savoir que les revenus d’un parent isolé ne sont pas pris en compte pour le versement de cette aide de la CAF. Il faut juste que l’enfant ait moins de 20 ans. En cas de décès d’un des parents, la somme sera automatiquement versée. Si le parent qui n’a pas reconnu l’enfant vit toujours, le dossier sera étudié d’une façon plus poussée, pour éviter les fraudes aux aides sociales, ce qui est compréhensible. Le montant versé est réévalué chaque année, en principe à la hausse, mais il ne faut jurer de rien, surtout en temps de crise.

Le versement du complément familial

Afin de subvenir aux besoins d’une grande famille, on a parfois besoin d’un petit coup de pouce des aides sociales. Le complément familial s’adresse aux familles de 3 enfants et plus, dont l’âge est compris entre 3 et 21 ans (et que ceux-ci ne perçoivent pas un salaire supérieur au plafond).

Contrairement à l’allocation de soutien parental, le complément familial est soumis à des conditions de ressources. Les revenus de doivent pas dépasser 44 772 euros pour un parent isolé avec trois enfants (exemple). Le plafond vari en fonction du nombre d’enfant, et si les deux parents sont présents et travaillent.

Pour toucher la somme de 167,34 euros au titre du complément familial, il n’y a pas de démarches à effectuer. La CAF se chargera de tout, automatiquement (selon les ressources qui ont été déclarées).

Faire garder son enfant quand on est une mère célibataire


famille mono parentale

Des solutions d’aide à la garde d’enfant existent pour les parents isolés qui ne peuvent seul faire face financièrement au coût de la garde. Travailler alors qu’on est une famille mono parentale peut poser de gros problèmes, et tout le monde n’a pas ses parents pour apporter leur aide. Différents soutiens financiers peuvent être versés, sous conditions de ressources.

La PAJE : aide à la petite enfance

Le PAJE permet d’accueillir son enfant dans de meilleurs conditions financières, aide d’autant plus la bienvenue quand on est une mère seule pour élever ses enfants. La prestation d’accueil est directement versée aux parents. La prime à la naissance, qui tourne autour de 1000 euros, aide bien des familles. A cela peut s’ajouter le complément de libre choix d’activité, qui permet de dégager du temps de travail pour s’occuper de son enfant, et le complément du libre choix du mode de garde. Ce dernier va être une aide au financement d’une assistante maternelle, d’une crèche, ou d’une garde à domicile.

La prime à la naissance est versée aux femmes au cours du septième mois de grossesse, qu’elles soient mère célibataire ou non. Tout va dépendre de son revenu. Il ne faut pas oublier de prévenir la CAF de sa grossesse, et cela dans les 14 premières semaines. La somme versée à la naissance est la même pour toutes : 923,08 euros au moment de l’écriture de ces lignes. Ensuite, on peut avoir droit à une allocation mensuelle, jusqu’aux trois ans de l’enfant, se montant à 184,62 euros chaque mois.

En cas d’adoption, le système est à peu près équivalent, avec une prime à l’adoption se montant à 1846,15 euros.

Aide à la garde de son enfant

Le complément de libre choix du mode de garde permet à une mère qui élève seule son enfant de le faire garder, en diminuant le coût du mode de garde choisi. La prestation se compose de la prise en charge d’une partie du coût de l’assistante maternelle ou de la nourrice, ainsi que d’une exonération partielle ou totale des charges sociales.

Même chose pour celles qui choisissent d’arrêter de travailler. Le CLCA peut être versé pendant 3 ans à partir de la naissance de l’enfant. C’est une aide financière à peu près équivalente à celle du RSA, le complément de libre choix d’activité étant de 383,59 euros à partir du premier enfant, cette somme étant progressive selon le nombre d’enfants.

Il est également possible de travailler à mi-temps pour pouvoir s’occuper de ses enfants. Les aides PAJE de la CAF s’ajustent alors selon le temps de travail et le salaire gagné. Il faut savoir que quelle que soit la situation, il restera obligatoirement à la famille aidée à payer au minimum 15 % du salaire de la nourrice.

L’AGEPI : une aide spéciale à la garde pour les parents isolés

Un demandeur d’emploi qui retrouve du travail alors qu’il était seul pour s’occuper de ses enfants va se retrouver en posture délicate : comment les faire garder, et s’en sortir financièrement ? L’AGEPI est une allocation de garde qui permet de reprendre une activité. Il n’est pas nécessaire de trouver obligatoirement un CDI, un contrat à durée indéterminé suffit, mais il devra être d’au moins 2 mois.

Pour bénéficier de l’AGEPI, il faut soit reprendre un travail, soit démarrer une formation. Des conditions de revenus s’appliquent, et il faut toucher le RSA ou gagner l’ASS pour en bénéficier. Toutes les personnes indemnisées par les Assedics sont exclues de cette allocation. De plus, il faut être une famille monoparentale, et avoir la charge d’enfants qui ont moins de 10 ans.

Comment toucher l’AGEPI ?

Il faut faire une demande auprès de son pôle emploi. Il y a un formulaire spécial disponible dans les agences. Ne pas oublier son livret de famille, puisqu’il faudra prouver l’âge des enfants, ainsi que sa situation de parent isolé, que l’on soit mère célibataire ou père seul. Même chose pour le RSA : amener sa dernière notification de revenu de solidarité active.

Quel est le montant de l’aide AGEPI ?

Le calcul va se faire à partir du temps de travail. Ainsi, pour un temps complet (35h par semaine), l’aide versée sera de 400 euros (montant attribué à partir de 15h de travail par semaine). Pour 2 enfants, l’aide sera de 460 euros et de 520 euros pour 3 enfants, sachant que l’aide ne pourra pas dépasser cette somme. Pour le parent seul qui ne fait moins de 15 heures de travail hebdomadaire, la subvention ne sera que de 170 euros.

Le versement de l’allocation ne pourra pas dépasser une année. Le premier virement interviendra une fois le contrat de travail reçu, ou le premier bulletin de salaire, ou l’attestation d’entrée en stage.

Une aide pour les femmes veuves : l’allocation de veuvage


L’aide aux veuves est nécessaire, celles-ci n’ayant pas toujours travaillé, beaucoup restent dépendantes du salaire de leur mari. Une fois celui-ci décédé, la veuve se retrouve sans ressources. L’allocation veuvage est une façon de rendre une partie des cotisations du conjoint décédé au survivant, même si elle n’a pas la valeur d’une allocation retraite, en tout cas quant au montant.

L’aide réservée aux veuves (et aux veufs) est valable jusqu’aux 55 ans de la conjointe. Le montant de la pension sera au maximum de 582 euros par mois, même si cette somme est révisée chaque année. Pour en bénéficier, il faut être dans une situation financière difficile, comme être sans emploi par exemple. En cas d’un nouveau travail à salaire convenable, l’allocation est supprimée. Une solution complémentaire consiste à s’adresser à la caisse de retraite complémentaire du défunt, afin de se renseigner sur les dispositifs d’aide aux veuves existants.

A partir de 55 ans, l’allocation veuvage se transforme en pension de réversion. Cette dernière n’est pas soumise à des conditions de ressources.

Femmes seules : attention au surendettement !


femme isolée

Etre isolée, en ayant un enfant à charge (ou plusieurs), et de faibles revenus, c’est le risque de se retrouver rapidement en situation de surendettement. Ne toucher que le RSA quand on a plusieurs enfants à charge, malgré toutes les aides possibles pour mères célibataires, c’est la tentation se souscrire des prêts personnels qui ne vont faire qu’alourdir une situation déjà très précaire.

En effet, une enquête de la Banque de France en 2011, visant à définir le profil type de la personne surendettée a rendu son verdict : une femme seule avec des enfants à charge, locataire de son appartement, et ne touchant que le RSA et les aides sociales de la CAF à beaucoup plus de chance de se retrouver en situation de ne pas pouvoir rembourser ses crédits.

L’absence de patrimoine, associé à des petits revenus entraîne rapidement le surendettement. Faire face à des difficultés financières au quotidien amène à baisser la garde, hélas, mais c’est compréhensible. Si l’interdiction bancaire n’est pas une fin en soi, elle précarise encore plus une situation déjà mal partie.

La bonne nouvelle, c’est la baisse des crédits revolving, pas de leurs taux, mais de leurs souscriptions, par les ménages qui prennent maintenant plus de précautions avec les prêts à la consommation. L’effort d’information des banques et des organismes financiers y est sûrement pour quelque chose, car il est maintenant presque impossible de souscrire un prêt personnel sans avoir des revenus fixes et sans justifier sa situation en produisant des fiches de paye.

Interdit bancaire ? Des solutions existent pour trouver un prêt en étant FICP

Une association qui aide les femmes en difficulté

Pour les mères en difficulté, il y a l’association petite maman, qui vient en aide aux femmes seules avec des enfants, et qui ont du mal à s’en sortir. Quand on élève seule son enfant, on a besoin d’aide, financière, mais pas seulement : écoute et conseils sont aussi au menu.

L’association petite maman collecte des vêtements de bébés, et des vêtements d’enfants en bon état, qu’elle redistribue aux mères en difficulté. Des kits de naissance, et des objets nécessaires à la vie de bébé sont également redistribués aux mamans qui en ont besoin.

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Pour aider les mamans seules, l’association met aussi en place des formules de gardes à bas coût, afin de permettre à toutes les mères isolés de pouvoir faire garder leurs enfants, même avec des petits revenus.

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En définitive, une femme seule peut trouver des mains tendues pour lui apporter un peu d’aide, en particulier de la CAF, mais aussi d’associations. Etre à la tête d’une famille mono parentale complique la donne, mais même au RSA, des solutions existent.