L’allocation Cotorep (MDPH): le PCH, l’AEEH, l’AAH et le CPR (complément de ressources) pour les handicapés

Les aides financières pour les handicapés sont méconnues du grand public, et pourtant on peut tous un jour être obligé de nous pencher dessus de plus près. Si l’allocation Cotorep n’existe plus comme beaucoup le pensent encore, d’autres ont pris sa place. Ses allocations permettent de pouvoir vivre décemment, que l’on exerce partiellement ou pas une activité. Mais attention : l’aide concernée va être différente selon sa situation.

Qui a droit à la Cotorep ?


Plus personne, ce dispositif a été remplacé. Pour mémoire, les aides Cotorep géraient notamment depuis 1975 et sous l’égide du Ministère du Travail tout ce qui avait trait à la réinsertion professionnelle. Les salariés qui dépendaient de ce régime bénéficiaient de la discrimination positive avant l’heure, puisque des places devaient leur être réservées dans les entreprises, avec des postes adaptés au handicap.

En 2006, les travailleurs ainsi dénommés sont devenus des RQTH ou des bénéficiaires de l’obligation d’emploi dans la fonction publique. C’est la Maison départementale des personnes handicapées qui délivre cette « reconnaissance ». Parmi les avantages : une embauche pouvant être facilité et une carte d’invalidité donnant accès entre autres, aux places réservées.

Les allocations : AAH et CPR


L’une est la principale ressource des adultes handicapés, l’autre un complément de revenu. Les deux jointes permettent d’avoir de quoi subvenir à ses besoins, avec la garantie d’un minimum. Difficile en effet de joindre les deux bouts quand on ne peut pas travailler, et donc gagner de quoi s’assumer pleinement.

Les droits ne s’ouvrent pas automatiquement. C’est une commission, la CDAPH qui va en prendre la décision. Quant à l’argent, il est versé  par la CAF. Une procédure simplifiée a été mise en place pour un traitement plus rapide de la demande, si l’urgence prédomine.

Les documents nécessaires pour monter son dossier

En plus du traditionnel certificat médical de moins de 3 mois et de ses justificatifs d’identité et de domicile, on trouve dans le dossier de demande d’AAH un paragraphe « projet de vie » à remplir. Il n’est pas obligatoire de le faire, mais il permet à la commission d’attribution de mieux cerner vos besoins, et de tenter d’y répondre, qu’il s’agisse de logement, de travail, d’enseignement ou de santé.


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Les conditions pour y avoir droit

C’est bien sûr le handicap qui va être étudié en premier lieu, et le taux d’incapacité qui en découle. Pour celui qui est à 80% et plus, la question ne se pose pas. Pour celui qui est situé entre 50% et cette limite, il est possible de toucher l’allocation mais à certaines conditions, en particulier celle relative à la restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi.

Tout va donc dépendre de l’impact du handicap sur le travail, avec un réexamen de la condition de bénéficiaire tous les deux ans.

La RSDAE peut s’apprécier si on travail dans un ESAT, à mi-temps ou moins à cause de son incapacité, si on se forme. Il faut habiter en France depuis plus de trois mois, avoir plus de vingt ans, ou n’être pus à la charge de ses parents à partir de 16 ans. L’AAH peut être versée à cet âge à condition de toucher plus de la moitié du SMIC ou des aides des APL – ALS.

Les ressources sont également prises en compte, puisqu’il y a le plafond de 9605 euros à ne pas dépasser quand on est célibataire, le double si on vit en couple, le montant étant majoré selon le nombre d’enfants.

Comment toucher l’AAH à taux plein

Il faut donc être reconnu en incapacité (à partir de 80%), et ne pas pouvoir travailler à plus de 5%. L’handicapé doit avoir son logement, et ne pas avoir de revenus salarié depuis au moins 1 an. Il faut savoir que l’allocation ne vous rendra pas riche : un peu plus de 800 euros par mois à taux plein si vous n’avez aucunes autres ressources.

Mais d’autres avantages peuvent venir s’y adjoindre, comme l’affiliation à la SECU, le droit de ne pas payer de taxe d’habitation et de redevance télé, ou de bénéficier d’un tarif social pour le téléphone.

Pour pouvoir vivre en autonomie : une majoration possible

Quand on habite dans son propre logement et qu’on a des difficultés à se déplacer, rester autonome est un chemin de croix, qui coûte de l’argent, car des installations ou des aides extérieures quotidiennes vont être nécessaires.

Cette majoration d’autonomie, qui ne peut se cumuler avec le complément de ressources va être versée chaque mois à son bénéficiaire, pour l’aider à rester dans son appartement ou dans sa maison, malgré les difficultés qu’il peut rencontrer au quotidien.

Quand on a un enfant handicapé : l’AEEH


Cette allocation entre dans le cadre des prestations familiales, et va permettre aux parents d’absorber avec moins de difficultés les coûts supplémentaires d’une éducation dans ces conditions là. L’enfant doit avoir – de 20 ans, être en incapacité à hauteur de 80%, ou de 50% et plus s’il a besoin de soins particuliers ou s’il étudie dans un lieu adapté à son handicap. Là encore, il est possible de se faire verser un complément.

allocation handicapé

Bon à savoir : si votre enfant est placé dans un établissement spécialisé (internat), et que celui-ci est réglé par la sécurité sociale, vous ne pourrez prétendre à toucher cette aide, au moins dans les périodes où l’enfant n’est pas à la maison. Si celui-ci est là pour les vacances, il faut en informer la CAF, qui règle les prestations.

En cas de séjour à l’hôpital, l’AEEH est encore payée, pendant 60 jours voir plus si vous pouvez justifier les dépenses supplémentaires que cette situation occasionne.

La PCH : pour une meilleure autonomie des handicapés


Ne plus avoir l’usage de ses jambes, de ses mains, de ses yeux, de ses oreilles, la liste est déclinable, représente un véritable coût supplémentaire pour celui qui en est la victime : logement, déplacements, vie quotidienne, il faut de l’argent pour pouvoir vivre seul. Avec la PCH, c’est le conseil général qui met la main à la poche. C’est également qui opérera les contrôles quand à l’utilisation de l’argent qu’il distribue.

Pour pouvoir la toucher, il faut vivre chez soi ou dans un établissement. Là encore, c’est la MDPH qui donne ou pas son aval. La pile de dossiers étant parfois longue à traiter, mieux vaut, pour ceux qui veulent faire renouveler cette aide financière s’y prendre à l’avance, au risque de d’avoir les vivres coupées le temps que le problème se règle.

N’oubliez pas de joindre a votre demande un certificat médical le plus complet possible, qui expose le handicap, ce qui vous a amené à en arriver là, et ses conséquences au quotidien. A chaque renouvellement mieux vaut en fournir un nouveau.

Ce qui est pris en charge par la PCH

L’aide à domicile d’une façon générale, qu’il s’agisse d’avoir besoin de quelqu’un pour se laver, s’habiller, faire ses courses ou se déplacer. Le ménage, s’il ne s’agit que de cela, ne sera pas pris en charge. Le nombre d’heure auquel chacun peut avoir droit dépend de la situation.

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D’autres aides, plus spécifiques, peuvent concerner les travaux à faire dans l’appartement pour que la personne puisse y vivre plus facilement comme l’élargissement des portes, ou le matériel, tel qu’un fauteuil roulant où un ascenseur d’escalier. Même chose s’il s’agit de faire aménager sa voiture

Pour en bénéficier

Il faut rencontrer des difficultés graves ou totales dans son quotidien pour se déplacer, s’occuper de soi et de son hygiène, ou communiquer avec les autres. L’âge limite est de 60 ans (sauf pour ceux qui travaillent encore) et de 75 ans pour ceux qui en bénéficiaient avant. A certaines conditions, il est possible que l’aidant vienne de la famille.

Vivre avec un handicap, c’est avoir des droits. Pour les mettre en oeuvre, il y aura un peu de paperasse à remplir, mais il est important de le faire pour pouvoir conserver une vie décente malgré une baisse d’activité professionnelle.