Appareil auditif ou dentaire : remboursements et aides financières possibles

Quand on doit se faire soigner les dents et les oreilles, et qu’on a besoin d’un appareil, les problèmes financiers ne tardent pas à pointer leur nez. Le prix des soins bucco-dentaires ou des prothèses auditives atteint des sommes telles que peu sont ceux qui peuvent se les payer sans trouver une aide financière pour cela. Sécu, CPAM, CMU, mutuelle, autant de portes où aller cogner si vous ne gagnez pas suffisamment pour vous payer ses soins « de conforts ». Car vivre en entendant mal, ou en ne pouvant mâcher que sur le côté devient vite cauchemardesque.

L’appareil auditif


Avec ou sans, c’est le jour et la nuit. Reste que son coût freine les envies, et beaucoup de personnes âgées en auraient pourtant besoin. Quand à ceux qui pensent pouvoir se le payer d’une façon peu orthodoxe, je les invite à lire l’article sur peut-on avoir deux mutuelles ? Reste qu’il est possible d’obtenir une aide financière pour l’achat d’un appareil auditif.

La « Prestation de Compensation » (PCH)

Elle est réservée aux travailleurs handicapés (il faut bien quand même qu’ils aient quelques avantages). Pour rappel, on est reconnu comme tel quand on ne peut pas travailler en raison de son état de santé mental et physique. La demande pour pouvoir mieux entendre se fait auprès de la MDPH, qui vérifiera la gène effective ainsi que le remplissage des autres conditions d’attribution (âge et taux d’incapacité). La PCH se monte à 600 euros et peut être complétée par 4000 euros d’aide technique pour aménager l’appartement.

Comme partout, il y a un dossier à remplir pour cela. Mieux vaut qu’il soit complet le plus vite possible, n’oubliez donc pas d’y joindre la prescription du médecin ainsi que vos résultats d’examens. Ensuite, il faudra s’épancher sur son quotidien, et donner des détails sur les conséquences qu’on le fait de mal entendre dans sa vie. Sachez qu’une procédure simplifiée existe, elle permet de gagner du temps, notamment pour ceux dont l handicap ne laisse planer aucuns doutes ou qui ont besoin d’un appareil en urgence pour pouvoir garder leur emploi.

L’aide exceptionnelle de la Sécu

L’aide de la CPAM existe ! Quand on dit qu’elle ne rembourse pas les prothèses auditives, on ne dit pas toute la vérité. En effet, la CPAM ne laisse pas tomber ceux et celles qui connaissent une situation financière difficile couplée à des gros problèmes de santé. Bien sûr, ces aides exceptionnelles sont réservées à ceux qui ne gagnent pas beaucoup, il faut donc entrer dans les barèmes pour en bénéficier. Même chose pour le montant de l’aide, il y a là encore des barèmes qui s’appliquent, tout le monde ne vas pas recevoir la même somme.

C’est valables pour les frais dentaires, d’optiques mais aussi pour les frais auditifs. Le mieux est de contacter directement sa CPAM pour savoir si on y a droit. On peut se rendre sur place, ou même téléphonez au 36 46, ça évite de faire la queue pour rien. Au pire une assistante sociale pourra vous aiguiller sur place.

L’aide ne sera jamais accordée sans une évaluation pointue, donc patience. Le dossier peut prendre un peu de temps à passer en commission, que l’on soit sans CMU ni mutuelle ou non.

Comment se faire rembourser ?


Le remboursement d’une prothèse auditive par la sécurité sociale ou la prise en charge d’un appareil auditif par sa mutuelle ne se fait pas en un claquement de doigt. Ce qu’il faut commencer par retenir, c’est que la sécu les rembourse à hauteur de 60%, c’est déjà un premier pas, même si la base du forfait n’est pas très élevé. Pour celui qui a la CMU, c’est un peu plus intéressant, puisqu’on peut se faire rembourser jusqu’à 1400 euros pour un double appareillage. Pour ceux qui auraient contracter la surdité sur leur lieu de travail, un effort supplémentaire est fait lorsque la maladie professionnelle est reconnue. L’âge aussi peut jouer.

se faire rembourser un appareil auditif

Important : n’oubliez pas que vous devez avoir une prescription médicale pour cela et que vous ne pouvez pas choisir n’importe quel modèle. L’assurance maladie publie chaque année une liste de ceux qu’elle est susceptible de prendre en partie en charge.

Mutuelle et complémentaire santé (c’est un peu la même chose)

Et si cela ne suffit pas, les mutuelles sont là pour compléter. A chacune sa façon de fonctionner, par forfait, en se basant sur le ticket modérateur, ou sur ce qu’à remboursé la sécu. Si vous n’en avez pas, lire un peu plus haut les renseignements sur l’aide exceptionnelle.

Bon à savoir : une déduction fiscale est possible pour les frais restant à la charge du contribuable (à condition d’être aux frais réels). Pour cela, il faut juste démontrer qu’on ne peut pas travailler sans être appareillé (un certificat médical détaillé suffit, ainsi qu’une facture de l’achat et les décomptes de remboursement).

Besoin d’un appareil dentaire : comment faire ?


Se faire refaire les dents, à quel prix ? Implant dentaire et  CMU peuvent faire bon ménage. Mais comment faire quand on ne l’a pas ? L’aide de la CPAM peut jouer.

Demander une aide financière à la sécu pour se faire refaire les dents

D’abord, il faut savoir que cela ne se passe pas de la même façon dans tous les départements, chaque caisse ayant sa façon de fonctionner propre. Souvent, la sécu travaille main dans la main avec les chirurgiens dentistes pour permettre au plus grand nombre de se faire soigner, même avec des poches pas bien garnies. Sous condition, on peut donc demander aux CPAM qui l’appliquent une aide financière pour pouvoir avoir une prothèse dentaire, et retrouver son bon sourire. Souvent, les dentistes sont au courant de cet accord s’il existe. N’hésitez pas à en parler à votre praticien, vous ne perdez rien à le faire de toute façon.

aide financière pour les dents

Si votre dentiste fait partie du processus, il faudra lui montrer l’attestation de tiers payant social. Les tarifs de son devis seront alors adaptés. Pour le dossier, il faudra retourner celui-ci à la CPAM ainsi que le montant pris en charge par la mutuelle si vous en avez une. Le montant de l’aide ne sera communiqué qu’après accord définitif. Aucun « gros travaux » ne devra commencer avant.

La prise en charge de la CMU

C’est la bonne nouvelle du jour. Prothèses et traitements le sont, dans une certaine limite (il ne faut donc pas aller se faire soigner n’importe où). Oubliez les cabinets qui pratiquent le dépassement d’honoraire systématique. Si votre dentiste est conventionné, vous n’aurez rien à avancer. Assurez vous bien d’être à jour du côté de votre carte vitale, sinon, tout va très vite se compliqué. S’il y a des dépassements de tarif, ils seront indiqués dans un devis à part. A chacun alors de prendre sa décision en fonction de son porte-monnaie.

Pour les soins d’orthodontie, souvenez vous qu’il ne seront pris en charge que s’ils débutent avant 16 ans. N’attendez donc pas que votre enfant quitte le nid pour les démarrer. Prévenez votre ado : il n’aura pas de bagues transparentes ni d’attaches en céramique…

Tout ce qui touche à l’oreille et aux dents coûte cher, ça tout le monde le sait. Mais ce qu’on oublie, c’est que même dans une situation financière difficile, on peut trouver des aides pour ne pas garder un trou béant dans la bouche ou obliger nos proches à nous écrire quand ils veulent nous parler.