Gratuivore: consommer sans acheter et sans rien payer (gratiféria, couchsurfing, home sitting, coiffeur gratuit…)

Qu’est-ce qu’un gratuivore ? Et si ce terme finissait par entrer dans le dictionnaire. Celui qui ne veut plus rien payer est à la mode, crise oblige. Qu’il s’agisse de profiter des dons des autres, des services gratuits ou d’une gratiféria (nourriture offerte), il est possible en France de consommer sans acheter, à condition d’être malin. Parmi les bons plans on peut faire les poubelles des supermarchés ou bien se faire maquiller et coiffer gratuit. Bref la liste est longue, du home sitting au couchsurfing.

La gratiferia pour les nuls


Le concept nous vient d’Amérique du sud, continent qui a connu la crise avant la vieille Europe. C’est une autre façon de manger sans payer sans avoir à faire les poubelles. Le terme de gratiféria est très proche de cafétéria. Cela signifie-t-il que l’on peut choisir ce qu’on va avoir dans son assiette sans avoir à dépenser un centime ?

La gratiféria est un moyen de résoudre deux équations : la lutte contre le gaspillage, et la lutte contre la faim, le tout dans une ambiance festive, la féria. Les surplus alimentaires, qu’ils viennent des particuliers, des grandes surfaces, de la distribution ou des entreprises sont redistribués aux plus pauvres mais d’une façon conviviale, qui ne donne pas l’impression de faire la manche.

Après tout, on peut tous avoir besoin, à un moment ou à un autre, d’aller dans ce genre d’endroit, que l’on soit cadre au chômage ou étudiant dans la dèche.

On commence à en voir fleurir quelques une en France. Chez nous, on parle plutôt d’épiceries sociales et solidaires, qui se font fournir par des associations et par des grandes marques agroalimentaires.

Manger gratuitement

Avant l’invention de la gratiferia, il y avait les bonnes vieilles méthodes pour trouver de quoi se nourrir et profiter du gaspillage urbain. A lire aussi : la semaine de la France solidaire.

Qui n’a jamais croisé une file d’attente devant les bennes à ordures des supermarchés ? C’est le reflet de notre époque : certains surconsomment pendant que les autres se battent pour les restes. Les boulangeries sont aussi un bon plan : chaque soir, les boulangers jettent les invendus de la journée, pains et gâteaux. Souvent, ils sont sympas, et ils les donnent aux gens qui sont dans le besoin et qui le demande gentiment.

Vous savez donc ce qui vous reste à faire : être poli et prendre votre plus beau sourire. Même chose pour les marchés : en fin de marché, les vendeurs de fruits et légumes laissent sur place les aliments qui n’ont pas une bonne tête, bref qui ne trouveront pas preneurs. Il ne faut pas être très regardant sur la tête de sa tomate, mais ce sont des denrées consommables.

A respecter scrupuleusement : ne jamais manger des aliments dont la chaîne du froid a été interrompue plusieurs heures, risque de tourista assuré. Ne pas entrer dans des propriétés privées, ne pas revendre les aliments trouvés, ne pas salir l’endroit exploré. N’est pas gratuivore qui veut.

Ne pas payer sa coupe de cheveux


L’homme a d’autres besoins que celui de se nourrir (lire la façon de se faire prêter une voiture), la femme aussi : la coupe de cheveux. Le problème, c’est que le coiffeur coûte très cher, surtout si on veut se faire faire une couleur. Heureusement, les bons plans coiffures existent, et se faire coiffer gratuitement n’est pas un rêve inaccessible. 

Passer des cheveux longs aux cheveux courts sans débourser un centime est possible en France, mais les risques existent : une coupe ratée quand on n’a pas payé la prestation, c’est aussi l’impossibilité de râler et de se plaindre.

Passer par les écoles de coiffures

coupe gratuite

Il faut bien que les futurs stars de la coiffure apprennent le métier quelque part et s’exercent sur des têtes bénévoles. C’est donc du donnant donnant : cheveux contre coiffure, et les deux peuvent en sortir gagnant.

Pour se faire coiffer gratuitement le mieux est encore de prendre un rendez vous dans une école, les élèves n’ayant pas cours toute la journée. Ne vous étonnez pas si une participation financière vous ait demandée : vous participerez à votre manière au voyage de fin d’étude. A noter : les cheveux longs ont plus de chances de se faire accepter, à condition de ne rien avoir contre le fait de les couper, et ce par un apprenti.

Où trouver les écoles de coiffures ?

Il faut regarder les petites annonces sur le net ou parcourir les pages jaunes version papier pour ceux qui vivent encore à l’âge de pierre. Il y a beaucoup d’écoles de coiffures en France, car crise ou non, les gens auront toujours besoin de se couper les cheveux, art délicat toujours difficile à effectuer soi même.

Sachez que toutes les grandes chaîne de coiffure comme Jean-Louis David, Dessange ou Biguine ont leur propre école. Là, ce ne sont pas des apprentis qui vous coifferont, mais des employés du groupe venus perfectionner leur technique ou apprendre de nouvelles façons de couper les cheveux.

Ces centres de perfectionnement sont presque tous situés à Paris. Désolé pour la province, mais c’est dans la capitale que tout se passe quand il s’agit de parler chignon. Pour se le crêper, on peut le faire partout, mais là c’est une autre histoire.

Est-ce que le maquillage gratuit existe ?


Mesdames, vous voilà repues et bien coiffées. Reste la délicate question du maquillage, avec le prix exorbitant que peut atteindre une trousse complète. Nos bons plans pour avoir un teint lumineux sans mettre la main à a poche :

Les échantillons : dans les boîtes aux lettres, collés au milieu des magazines, distribués dans la rue, commandables sur Internet, dans son sac d’achat en parfumerie, chez l’esthéticienne. On en trouve partout, et les marques lancent tellement de nouveaux produits qu’il y a toujours un échantillon de maquillage qui traîne quelque part.

Bon plan : participer à des test sur le net. Par contre, ce sont souvent des one shot, et il faut accepter d’utiliser des produits différents tous les jours, toutes les peaux ne le supporte pas.

Se rendre directement dans les boutiques de maquillage. Souvent, il y a toujours un maquilleur prêt à vous refaire une beauté pour vous permettre d’essayer la gamme. En cas de satisfaction, difficile de résister aux achats, mais rien n’est obligatoire, et c’est un maquillage par un professionnel gratuit.

Le couchsurfing


Là encore, le voyage est un domaine où la gratuité est possible. Je ne parle pas des billets d’avions, dont les prix ont explosé, mais des nuits chez l’habitant. Le couchsurfing est un échange de bons procédés, initié par la série « j’irai dormir chez vous ». 

couchsurfing

Le principe : on s’inscrit sur un réseau social où on met son canapé à la disposition des voyageurs. Tous les membres font de même et lorsqu’on voyage, on peut ainsi dormir gratuitement chez les uns et chez les autres. Le risque : on peut toujours tomber sur une mauvaise surprise.

Il est ainsi possible de voyager dans le monde entier avec un petit budget. Le couchsurfing permet aussi de faire de belles rencontres, à charge de revanche. L’hospitalité remise au goût du jour, en voilà une idée qu’elle est bonne !

Se loger pour pas cher : le home sitting


Certaines périodes sont propices à trouver un appartement gratuit pour quelques mois : l’été. Le home sitting va être un échange de bons procédés : on garde une maison ou un appartement, on y habite et en échange, on va arroser les plantes, nourrir le chat et faire fuit les cambrioleurs.

Pour le propriétaire, ça lui évite de payer un gardien, et pour le locataire, c’est un logement gratuit, même sur son lieu de vacances (bien que les villas au bord de la mer l’été soient rarement mises en home sitting).

Tout le monde peut devenir home sitteur à condition de respecter le logement mis à disposition, et de bien s’acquitter des taches en retour. Cette activité non rémunérée est toutefois plutôt conseillés aux retraités. Note : si vous passez par un site spécialisé, il faudra montrer patte blanche. Il est possible que l’on vous demande un extrait de casier judiciaire vierge.

Le gratuivore ne paye rien, le gratuivore est un malin. Mais dans notre société, pour vivre sans argent, il faut être sacrément malin et débrouillard.