Aide Financière Pour Malades: Crohn, Cancer, Alzheimer, Parkinson

Quand on a contracté une maladie de longue durée, où qu’un de ses proches est impacté, on sait que cela coûte très cher : soins, aide à domicile, le financement d’un garde malade… Heureusement, il existe des aides financières pour vous soutenir dans ce combat, même si tout ne peut pas être financé. Les voici.


Les aides financières pour la maladie de Crohn

Moins connue du grand public, la maladie de Crohn est pourtant une pathologie très lourde et très longue.

Il s’agit aussi d’une affection de longue durée, qui touche le système digestif, et qui peut s’attaquer à l’intestin, mais aussi à la bouche et à l’anus.

L’importance de la reconnaissance « d’affection de longue durée »

Reconnue comme telle, elle permettra au malade de ne pas payer le ticket modérateur, pour tous les médicaments, les consultations et les examens liés à la maladie.

Pour rappel, le ticket modérateur est la partie qui n’est en principe pas prise en charge par l’assurance maladie, mais par la mutuelle.

C’est le médecin traitant qui sera en charge d’établir le protocole de soins

Cette étape est indispensable pour la prise en charge à 100 %. Cela n’empêche, pas, et c’est même conseillé, de prendre une mutuelle pour le reste : soins dentaires et autres infections liées à la maladie de Crohn.

L’évocation obligatoire de cette maladie à votre mutuelle risque fort de faire monter les devis, d’où la nécessité d’une mise en concurrence féroce des compagnies d’assurance.


Les incidences au niveau du travail

La maladie de Crohn va vous empêcher de travailler normalement. Il faudra donc gérer les relations avec votre employeur, ce qui n’est pas toujours évident.

La demande d’un mi-temps thérapeutique

Je vous recommande d’en faire la demande, une fois la maladie bien identifiée et le traitement commencé. Ce mi-temps thérapeutique vous permettra de ne pas quitter votre travail.

Peut-on vous licencier ?

Non, même si vous multipliez les arrêts de travail. Le licenciement pour ce motif est impossible, d’où l’importance d’informer le médecin du travail de toute évolution notoire.


Votre salaire va-t-il baisser ?

Au niveau de la rémunération, le salarié devrait à peu près s’y retrouvé, puisqu’une indemnité viendra compenser la diminution de rémunération.

Après 3 ans d’arrêt, il y a fort à parier que le malade sera mis en invalidité. La COTOREP peut également se charger d’une reconversion si cela s’avère nécessaire.

Retrouvez ici le montant de l’allocation COTOREP.

Les aides financières pour le cancer

Le cancer est la maladie mortelle qui touche le plus de personnes en France.

Les aides de la Ligue Contre le Cancer

L’association participe financièrement à la recherche, pour trouver des solutions thérapeutiques, mais fournit également des aides financières pour personnes malades.

Celles-ci ne sont pas automatiques, mais dépendent des ressources et des besoins de chacun.

Les décisions sont prises à un niveau départemental

Elles permettent par exemple aux personnes touchées de :

  • Faire venir leur famille auprès d’eux.
  • Faire nettoyer leur logement.
  • Acheter le matériel nécessaire pour les soins particuliers qui nécessitent un équipement supplémentaire.
  • Pouvoir éventuellement régler les factures en retard.

Le montant de l’aide

Reste que la somme qu’il est possible d’obtenir de la Ligue Contre le Cancer est souvent inférieure à 400 €, l’enveloppe étant limitée du fait du nombre de demandes par rapport aux ressources de l’association.

Où s’adresser ?

Les malades nécessiteux doivent s’adresser au comité départemental de la ligue, en fonction de leur lieu de résidence.

Aide de la CAF pour un cancer

Elle s’intitule « soutien au domicile des familles ». C’est un soutien de la famille, confrontée à cette grave maladie, pour lui permettre de se maintenir à son domicile dans de bonnes conditions.

Qui peut en bénéficier ?

Ce soutien s’adresse aux familles avec au moins un enfant à charge. La participation de la CAF et son montant dépendra de votre quotient familial.

Quel est le domaine d’intervention ?

Il est double, et concerne le soutien aux tâches matérielles ainsi qu’un accompagnement financier pour la garde et l’éducation des enfants.

Si vous y avez droit, vous pourrez prétendre à 250 heures d’aide (ménage, course et garde des enfants par exemple) sur 6 mois. Ce dispositif est renouvelable.

Quelles aides financières pour les malades d’Alzheimer ?

Cette maladie peut durer très longtemps, et donc représenter une charge énorme pour les proches de ceux qui souffrent de ce fléau longue durée.

Si les soins sont complètement remboursés par la sécurité sociale, il y a malheureusement de nombreuses autres dépenses qui nécessiteraient un financement à 100 %, ce qui n’est pas encore le cas.

La carte d’invalidité

Un malade qui a Alzheimer peut prétendre à obtenir une carte d’invalidité auprès de la MDPH.

Des avantages fiscaux

Si celle-ci est malheureusement la preuve vivante d’une incapacité à vivre normalement, elle donne droit à des avantages fiscaux, puisque le malade bénéficiera d’une demi-part supplémentaire et paiera donc moins d’impôt sur le revenu.

Une exonération de charges sociales

Ensuite, s’il emploi un salarié à domicile, pour entretenir le logement ou faire les courses par exemple, il sera exonéré de charges sociales s’il passe par le CESU.

Alzheimer : la nécessité d’une protection juridique

Très vite, cette terrible maladie fait que la personne touchée ne peut plus s’occuper d’elle même, ni de ses « affaires ». Afin que les intérêts des malades soient préservés, des mécanismes sont mis en place.

Ainsi, quand le malade a encore toute sa tête, il peut anticiper la suite et donner une procuration sur ses comptes bancaires à la personne qui va s’occuper de lui ou s’organiser pour un mandat de protection à venir.

Pour qui ?

Il peut s’agir de quelqu’un de très proche ou de confiance, à condition qu’il ait plus de 18 ans.

Si malheureusement rien n’a été fait avant la période « fatidique », le conjoint peut toujours en faire la demande au juge des tutelles et exiger qu’une mesure de protection judiciaire soit prise.

Bon à savoir : la sauvegarde de justice est temporaire, et n’entraîne pas d’incapacité juridique, tout comme la curatelle (même si pour cette dernière, il existe différents niveaux), et à la différence de la tutelle.

La prise en charge du malade

Avec le vieillissement de la population, c’est presque une question de nécessité publique qui se pose ici. Quant aux familles, elles se trouvent tellement démunies face à la maladie qu’elles ne savent pas toujours comment y faire face.

Différents types de prises en charge existent, même si certains sont préférables à d’autres en fonction de l’avancée de la maladie, de son âge et des soins nécessaires.

La première solution consiste à rester à la maison

Chez une personne de sa famille par exemple, à condition qu’il y ait toujours quelqu’un de disponible. Des personnes chargées des soins et de l’entretien pourront ainsi être affectés à cette tâche, en plus de la famille présente.

Reste que tous les logements ne sont pas faits pour accueillir ce type de pathologie lourde. La moindre inattention peut être fatale au malade, surtout la nuit ou il arriver qu’on « relâche la pression ».

De l’argent pour pouvoir rester à la maison

Heureusement, des primes financières délivrées par le département ou des associations comme France Alzheimer peuvent favoriser ce maintien à domicile.

Si la famille n’est pas en mesure de s’adapter à cette charge lourde, la pension complète est également possible dans des familles d’accueil agréées et payées par le Conseil Général ou dans de petites structures médicalisées (mais qui peuvent coûter très cher).

Reste que les familles qui assument seules cette charge et qui craquent à un moment peuvent faire une pause grâce aux structures d’hébergement temporaire, à l’hôpital (prise en charge complète) ou en maison de retraite (coût élevé).

Parkinson

Encore un handicap lourd, en fonction de l’évolution de la maladie. Il faudra que le handicap soit reconnu comme tel par la Maison Départementale des Personnes Handicapées, pour avoir le droit aux aides financières.

Les allocations principales

Celles qui vont dans ce sens sont l’AAH (à partir de 80 % de handicap), l’APA, et la possibilité d’aménager son appartement ou sa maison pour pouvoir continuer à y vivre.

D’autres aides supplémentaires peuvent aussi être mises en place, comme les services d’une aide ménagère et pourquoi pas celui d’un psychologue, pour le malade mais aussi pour la famille.

Bon a savoir : une journée mondiale de la maladie de Parkinson est organisée chaque année au mois d’avril. C’est l’occasion de rencontrer des bénévoles et de leur poser toutes les questions possibles.

Les « avantages » pour handicapés

Appelons-les comme cela, même si le terme n’est pas forcément bien choisi. Ils peuvent faciliter la vie des personnes handicapées par leur maladie.

La carte de stationnement

Celle-ci permet de se garer sur des emplacements dédiés, généralement les plus proches des sorties dans les parking, et en centre-ville, et ainsi de moins avoir à marcher ou à se déplacer quand on est en fauteuil.

La carte permet d’ailleurs de faire une demande d’un fauteuil roulant quand on en a besoin d’un.

Les handicapés peuvent aussi toucher l’APA

Il s’agit d’une aide financière mensuelle pour ceux qui ont besoin d’aide pour vivre décemment : pour se laver, se déplacer, se nourrir, à la maison ou dans un établissement spécialisé.

L’APA est réservée aux plus de 60 ans et est versée sans conditions de ressources, seule changera la participation qui est demandée, en fonction des revenus.

Où la demander ?

La demande d’APA se fait auprès du CCAS le plus proche ou du Conseil Général. Certains organismes, conventionnés, peuvent aussi s’en occuper.

Le congé pour soutien familial

Le malade qui a une personne de sa famille pouvant s’occuper de lui doit savoir que cette dernière à le droit de demander à son employeur un congé pour soutien familial.

Celui-ci peut atteindre 3 mois et peut être renouvelé 4 fois.

Attention : elle ne touchera pas d’argent pour cela de la part de l’état ni de son patron

En contrepartie, ce dernier ne peut pas s’y opposer si la demande est faite dans les formes : préavis de 2 mois et 2 ans d’ancienneté.

Le salarié est également assuré de retrouver son emploi à son retour et il continu même de cotiser pour sa retraite pendant cette période d’indisponibilité.

La mise en invalidité

Une maladie longue suppose qu’on s’organise aussi (et surtout) financièrement parlant. Si un salarié peut commencer par le congé maladie, il va à un moment avoir épuisé ses droits, et devra trouver d’autres sources de revenus.

La mise en invalidité, par exemple, en est une pour ceux qui travaillent dans le privé.

Qui y a droit ?

Pour pouvoir y prétendre, il ne faut pas avoir atteint l’âge de le retraite et être reconnu comme ne pouvant pas travaillé.

La pension, elle, sera calculée sur le salaire que vous touchiez avant votre maladie, et évoluera en fonction de l’incapacité : de 30 à 50 % du salaire annuel moyen. Bon à savoir : un cumul avec l’AAH est parfois possible.

Les personnes qui peuvent vous aider

Plusieurs personne sont susceptibles de répondre à vos questions et de faire avancer le dossier : médecin de famille, travailleur social, CAF… Il est toutefois bon de ne pas se précipiter pour une mise en invalidité.

Celle-ci peut être contre productive financièrement parlant par rapport aux indemnités journalières de la sécurité sociale qui peuvent être versées pendant 3 ans.

Bien peser le pour et le contre et s’informer de ses droits avant de se lancer dans cette procédure. Si vous vous apercevez de votre erreur sous 30 jours, vous avez 1 mois pour déposer un recours.

La retraite anticipée

Etre atteint d’une maladie grave, c’est aussi parfois devoir partir à la retraite un petit peu plus tôt que prévu (à 60 ans) et avoir le droit de le faire si le médecin conseil de la sécu le juge nécessaire et possible.

Partir plus tôt, dans ce cas précis, n’empêche pas de toucher sa pension à taux plein. Mais que faire quand l’incapacité est plus précoce dans le temps, à 45 ans par exemple ?

C’est bien le problème. La mise en invalidité s’impose, mais entrainera une grosse perte en pouvoir d’achat.

Financer les frais d’un garde malade

C’est le poste de dépense qui fait le plus peur, de par l’ampleur de son coût. Le garde malade va accomplir toutes les tâches nécessaires pour le bien être de la personne concernée, sans être forcément une infirmière.

Son rôle est très important, moralement et physiquement, jour et nuit, semaine comme week-end. Son recrutement peut se faire via une association ou le CCAS.

Qui prend en charge les frais ?

Pour les frais, tout dépend si celui-ci est nécessaire à court terme ou à moyen terme.

La CNAV (caisse vieillesse) peut par exemple prendre en charge les situations urgentes, ou du moins un pourcentage de la dépense sous conditions de ressources.

Et la CPAM ?

Même chose pour la CPAM, en ce qui concerne notamment les soins palliatifs à domicile, même s’il y a un plafond des dépenses pris en charge à ne pas dépasser.

Pensez aussi aux réductions d’impôts s’il s’agit d’une personne employée à domicile.

Non seulement l’aide financière est ici importante, mais elle est nécessaire, à moins d’être millionnaire, tant les charges en cas de longue maladie sont lourdes.